Cameroun: une manif anti-corruption dispersée, plusieurs arrestations

Publié le par Association camerounaise de cyberpresse

YAOUNDÉ - La police camerounaise a dispersé violemment mercredi à Yaoundé une manifestation contre la corruption et arrêté une dizaine de personnes, dont le président de l'association initiatrice de cette protestation, ont annoncé à l'AFP des responsables d'ONG de la société civile.

Un haut responsable de la police, a affirmé ne pas être au courant de ces incidents.

Parmi les personnes arrêtées figure Bernard Njonga, le président de l'Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic), a indiqué Jacob Kotcho, un dirigeant de cette ONG qui avait appelé à un rassemblement à son siège dans le cadre d'une campagne contre la corruption au ministère camerounais de l'Agriculture.

Plusieurs centaines de personnes y étaient présentes, selon lui.

"La police a chargé, bastonné les militants et embarqué notre président Bernard Njonga" avec une dizaine d'autres militants, arguant que la manifestation "était interdite", a affirmé M. Kotcho.

Il a précisé que plusieurs manifestants avaient été blessés, dont deux grièvement. Ces blessés graves ont été transportés dans une clinique. Huit autres personnes, dont M. Njonga, se trouvaient au Commissariat central de Yaoundé, toujours selon M. Kotcho.

Des ONG européennes soutenant la campagne de l'Acdic, dont SOS Faim Belgique et Luxembourg, ont confirmé la dispersion de la manifestation, mentionnant l'interpellation de M. Njonga et de "plusieurs autres manifestants".

Elles "dénoncent avec virulence" cette intervention des forces de l'ordre contre une manifestation pacifique, a déclaré Jean-Jacques Grodent, de SOS Faim Belgique.

La députée européenne chargée de la société civile, Marie Hélène Aubert, a également protesté contre l'intervention policière et l'arrestation de M. Njonga, les estimant "contraires à la liberté d'expression et au respect des droits humains", dans un communiqué publié à Bruxelles.

Elle demande au gouvernement camerounais la libération de M. Njonga "ainsi que (des) autres manifestants arrêtés".

La manifestation dispersée devait mettre fin à une campagne lancée le 3 décembre par l'Acdic contre des détournements de fonds destinés aux agriculteurs par des agents du ministère de l'Agriculture, particulièrement dans "la gestion du programme national d'appui à la filière maïs".

Les détournements se font à travers des organes fictifs, créés par des fonctionnaires du ministère, qui ont ainsi absorbé 62% d'une subvention destinée aux producteurs de maïs pour 2008, d'après une étude publiée récemment par l'ONG.

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Publié dans SOCIETE

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