Cameroun: Les gendarmes hors la loi de Bakassi

Publié le par Association camerounaise de cyberpresse

Les voyageurs, pour la plupart des commerçants nigérians, régulièrement rackettés par des gendarmes camerounais dans la péninsule de Bakassi, sont soulagés. Alerté, le gouvernement de Yaoundé a décidé de suspendre ces éléments corrompus, en attendant que les enquêtes aboutissent. Reportage avant cette grande lessive annoncée. La récréation est finie pour les gendarmes corrompus qui, hier encore, rackettaient les gens sur la presqu'île de Bakassi que le Nigeria et le Cameroun se sont disputée pendant une quinzaine d'années. Ce 12 mai, Jean-Baptiste Bokam, le secrétaire d'État à la Gendarmerie camerounaise, a suspendu des cadres et des gendarmes en service dans la péninsule pour "corruption, trafic d’influence et détournement de fonds publics". D'abord insidieuse quand la Cour internationale de justice a reconnu, en 2002, la souveraineté du Cameroun sur Bakassi, la corruption se pratiquait depuis au grand jour. Principales victimes : des commerçants nigérians qui font de nombreux allers-retours dans la zone. Petit retour en arrière, fin mars dernier. Les 16 passagers de la pirogue à moteur In God I Trust quittent le port d'Ekondo Titi, au sud-ouest du Cameroun, pour Ikang, au sud-est du Nigeria, à environ deux heures de navigation de là. Dès les premières minutes, le pilote nigérian se met à slalomer entre les troncs d’arbres et les lianes qui obstruent le parcours. À peine a-t-il dépassé la bifurcation qui mène à Barracks, un village de pêcheurs, qu'une embarcation avec trois personnes à bord le stoppe. Des passagers nouveaux sur le trajet prennent peur, croyant avoir affaire à des pirates qui écument la région. "Ce sont des gendarmes camerounais !", indique un passager. Le pilote, rompu à ces pratiques, demande à chacun de préparer 1 000 Fcfa (1,5 €).
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