Initiative : L'édition à compte d'auteur explose

Publié le par Association camerounaise de cyberpresse

De plus en plus d'auteurs puisent dans leurs réserves pour être publiés.

"Le paradoxe du pays organisateur…" Le livre paraît en juin 2008 et bat le record des ventes au Cameroun. Il a été publié "à Compte d'auteur", une forme d'édition qui est aujourd'hui au Cameroun une bouée de sauvetage pour la littérature. Elle est "pratique", affirme Charles Ateba Eyene et permet à l'auteur de mieux contrôler son produit. Par conséquent, de plus en plus de livres sont ainsi publiés. Les maisons d'édition suivent la tendance : "plein de maisons d'édition à Yaoundé publient à compte d'auteur", affirme Jean Claude Awono, le président de la Ronde des poètes et président de la collection de la Ronde aux éditions Ifrikiya.

Sur une quinzaine d'ouvrages à l'actif d'Ateba Eyene, seul "Toute une vie dans les armées", son livre entretien avec le général Semengue a été publié à compte d'éditeur chez Cle. L'auteur pense que "les maisons d'édition au Cameroun font de la débrouillardise : sans fonds, manquent de professionnels et de comité de relecture viable, prennent l'édition pour du business. En déposant son manuscrit chez un éditeur, vous l'aurez enterré". En plus, il n'y a presque pas de retombées financières. Surtout sur le plan international où l'auteur ne peut rien contrôler. Pour Charles Ateba Eyene, "on cherche un bon livre comme on cherche une belle femme, un bon marabout. Le problème c'est d'avoir un nom et un sujet intéressant". Grâce aux ventes réalisées sur ses publications, l'auteur dit vivre "du livre. Je n'ai jamais vendu un livre à moins de dix mille exemplaires",
jubile-t-il.

A compte d'auteur par ailleurs, un livre a des chances de paraître. Jean Claude Awono atteste que beaucoup d'auteurs ont proposé leurs manuscrits aux éditeurs qui ne les ont pas admis. L'édition à compte d'auteur a permis la relance de la littérature au Cameroun et aux auteurs de "se faire un peu d'argent" et d'atteindre l'objectif premier qui "n'est pas de vendre mais d'assumer une présence", affirme le poète. L'édition à compte d'auteur n'a pas de "but commercial mais intellectuel et scientifique", fait savoir Edmond Mballa Elanga, directeur des Editions Tropiques. Elle a été vulgarisée par les enseignants d'universités pour passer de grades. Quant aux gains, les auteurs gagnent en notoriété sur le dos des éditeurs.

L'auteur et l'éditeur ont à peu près le même pourcentage sur la vente du livre [10%]. Les gagnants sont les imprimeurs et diffuseurs.
Pour venir en aide aux auteurs, le Compte d'affectation spéciale a été crée au ministère de la culture (Mincult). Une "nébuleuse" pour Ateba Eyene qui en veut pour preuves ses trois demandes sans suite favorable et un manuscrit de Mbog Bassong qualifié d'"ascentifique mais que Karthala a publié. Ce livre est lu dans des universités américaines". L'auteur, cadre du Mincult suggère d'ailleurs un audit pour le Compte d'affectation et la nomination des gens ayant une relation étroite avec le livre. Au risque de dire finalement que "la politique du livre n'existe pas au Cameroun", martèle Charles Ateba Eyene.

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