Ceux qui ont fait 2008 au Cameroun! Qu'en pensez-vous?
| Françoise Mbango, Jean-Jacques Ekindi, Jean-David Bilé, Lady Ponce, l'Université des Montagnes et bien d'autres sont parmi ces héros. Politique Jean-Jacques Ekindi. Il a réussi, apès moult tentatives, à mettre les deux pieds à l'assemblée nationale. Les mauvaises langues racontent que c'est un cadeau du RDPC aux Sawa qui, malgré leur soutien au régime, voulaient bien voir leur digne fils sortir d'une situation matérielle des plus délicates que la mort de son épouse n'a pas arrangée. Seuls les idiots ne changent pas, a t-on coutume de dire. Au cours de l’année 2008, Jean Jacques Ekindi a administré la preuve de sa maturité et de son réalisme politique. C’était un matin du 04 janvier, pendant la présentation des vœux au Chef de l’Etat, on a vu l’homme-lion échangé longuement avec son chasseur. Qui l’eut cru. A son crédit aussi, la suppression des droits d’entrée, 100Fcfa, dans des hôpitaux publics de Douala. Le président du Mp avait écrit au Minsanté pour s’en offusquer. Accessit en politique : L'inévitable Paul Biya : Il a presque réussi à retourner en sa faveur, les émeutes de la faim de février en instruisant une baisse des prix et une hausse des salaires, contre l'avis de ses "experts ". Sur un tout autre plan, il s'est donné carte blanche pour rester à jamais, au pouvoir. Sport Françoise Mbango. Elle a gagné une nouvelle médaille d'or aux Jeux olympiques. Dire que le président de la fédération camerounaise d'athlétisme, Ange Sama, a tenté de l'exclure de la sélection, sous prétexte qu'elle n'était pas en forme "olympique"! Accessit en sport : L'équipe nationale de basketball. Composée à la va-vite et sans moyens comme il est de coutume dans les sports "mineurs ", elle a échoué en finale du championnat des nations en Angola. Au cours du tournoi pré-olympique, elle a malheureusement été soumise au mauvais traitement des autorités sportives et administratives nationales et s'est laissée battre. Culture Ama Tutu Muna. La ministre que Biya a donnée à la famille de l'ancien vice-président et ancien président de l'Assemblée nationale, Tandeng Muna. Elle s'est d'abord distinguée en biffant d'un trait de crayon, la CMC à la tête de laquelle trônait Sam Mbendé. Elle a, dans la foulée, créé la Socam et y a placé une femme, Odile Ngaska. Elle a, ensuite, mené à bon port, malgré les inévitables couacs, le projet du Festival National des Arts et de la Culture de Maroua. Chapeau car l'ami de Popol, le vieux nègre, a lamentablement échoué avant elle. Accessit en culture Sam Mbendé justement. Du sommet au plus bas de l’échelle. C’est ainsi que se résume la trajectoire du « PCA » de la CMC en 2008. Au moins, le « père de Rosita » a commis deux graves erreurs. La première, celle de s’attaquer au gouvernement à travers la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna. La deuxième : avoir traité ses frères musiciens Sawas d’analphabètes. Pour la petite histoire, il avait dit à la télévision qu’on aille leur (ses frères sawas) expliquer le droit d’auteur en Douala.
Education L'Université des Montagnes. Elle a enfin réussi à signer les accords qui lui permettent de former jusqu'au bout, ses docteurs en médécine, pour le grand bonheur de la nation tout entière. Avec les nouvelles facultés de médécine de Douala et de Buéa, l'Université des Montagnes va permettre d'accroître sensiblement, l'offre en médécins. Accessit en éducation Les élites du Grand Nord. Qu'elles se soient ou non appuyées sur des études crédibles prouvant que quelque chose devait être fait pour combler le retard de leurs régions en matière d'éducation, elles ont creusé le lit de la division et des revendications claniques. Maintenant qu'un précédent existe, pourquoi les uns et les autres ne revendiqueraient-ils pas d'être les seuls à bénéficier des services de structures érigées sur les terres de leurs ancêtres? Musique Lady Ponce. Tout le monde ou presque fredonne ses chansons et s'accorde à dire qu'elle est, pour le moment, la chanteuse camerounaise qui fait le plus courir les organisateurs de spectacles et le public. Lady Ponce a réussi là où le Bikutsi a traditionnellement échoué : montrer que cette musique peut être dansée sans porno. Accessit en musique Petit pays. S’il y a un artiste-musicien qui, depuis prés d’une vingtaine d’années, fait déplacer des foules, c’est bien Petit-Pays alias Rabba Rabbi. En 2008, il s’est particulièrement illustré en recevant son titre d’ambassadeur décerné par l’ong « Synergies Africaines », devant Alpha Blondy, Samy Diko, son poulain d’hier… Petit –Pays en 2008, c’est aussi ce faramineux contrat de près d’un milliard de Fcfa avec deux maisons de production en France pour son titre « Pédés ». Non, il jure qu'il ne l'est pas. Economie: Jean-David Bilé. L'homme qui a rétabli la confiance entre Ae Accessits en économie Protais Ayangma et Olivier Behlé. Ces deux hommes ont donné une lamentable image du Gicam, un groupe que l'on croyait au-dessus des querelles de chiffonniers. Thomas Babissakana. Il est incontestablement l’économiste le plus prolixe et le moins rébarbatif du Cameroun. Son propos, simple et dépouillé, à la limite de l’universitaire, aura édifié les Camerounais. Assurément, Thomas Babissakana sait communiquer. A l’instar de sa contribution intellectuelle sur la corruption au Cameroun dans un documentaire inédit diffusé sur les antennes de Stv. Kai Walai l’a découvert lors du lancement officiel des activités de Rfi au Cameroun et plus tard, au cours de ses passages à Equinoxe Télévision, où il officie en qualité de consultant permanent. Littérature Charles Ateba Yene. Pour beaucoup, il est l’homme de l’année 2008, tandis que pour d’autres, c’est un agitateur qui roule pour lui-même et à la solde de Biya. Charles Ateba Yene a le mérite de dire les choses, même s’il elles sont parfois discutables. C’est le cas pour son livre, les paradoxes du pays organisateur, dont la critique universitaire lui dénie toute valeur républicaine. Accessit en littérature Shanda Tomne. Dix livres publiés d’un coup par la prestigieuse maison d’Edition l’Harmattan. Shanda Tomne a fait ce qu’aucun camerounais voire aucun africain n’avait fait avant lui. L’éminent intellectuel a cependant, contre toute logique, décidé de jouer les apôtres des Bamilékés, une mission qu’il aurait pu confier à d’autres. Ses positions tribales lui valent quelques quolibets du public. Peut-on oublier tous ces autres? Chantal Biya. L’année 2008 aura été une année pleine de succès pour la première dame camerounaise. Pour son engagement pour l’humanitaire, l’épouse du Chef de l’Etat a été distinguée ambassadrice de l’Unesco. C’est la première femme africaine à recevoir cette distinction. Même s’il y a à redire sur les sources de financement de ses activités, « maman Chantal Biya » a le cœur sur la main. Son dernier coup de force est l’inauguration, il y a quelques jours, du pavillon Luc Montaigner. Notons qu’au plan légal, il n’est fait aucune obligation aux premières dames du Cameroun de s’investir dans le social.
Me Emmanuel Pensy. Me Charles Tchoungang, l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats lui doit en partie ses malheurs. C’est cet éminent juriste qui le premier dénonce les coups fourrés de son confrère, avant son éviction lors de l’Ag de l’ordre des avocats en novembre dernier. Me Emmanuel Pensy, on retient de lui en 2008, ses prises de position publiques contre les conditions de détention de Lapiro de Mbanga, ses coups de gueule contre la chancellerie notamment Amadou Ali dans le cadre des procès de l’opération Epervier…
Fai Yengo Francis. Le rôle de commissaire central irait bien à l’actuel gouverneur de la province du Littoral tant il aura brillé au cours de l’année 2008 par ces relents de dictature. En interdisant les manifestations publiques. André Siaka. On aurait pu lui attribuer le titre de l’homme de l’année. En n’organisant pas une transition en douce à la présidence du Gicam, de forts soupçons de vouloir contrôler cette organisation pèsent sur lui. Adama Modi. Le turbulent député du Mayo-Kani Nord a encore tenté d'éjecter Cavayé Djibril du perchoir! Vrai démocrate ou simple pantin? Samuel Eto'o. L'un des plus illustres camerounais s'est autant distingué par ses nombreux buts que par son coup de tête au journaliste Philippe Boney. |
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Kaï Walaï ne déroge pas à la tradition des lauriers en soumettant à ses lecteurs, son classement, forcément subjectif, des personnes, physiques ou morales, ayant marqué, positivement ou négativement, l'année 2008. 



