Préavis de grève générale des travailleurs camerounais

Publié le par Association camerounaise de cyberpresse

Cameroun: Dépôt d'un préavis de grève générale à la Primature

Le Secrétaire Général Exécutif

A

Monsieur Le Premier Ministre

Chef du Gouvernement

YAOUNDE


Cameroun: Dépôt d'un préavis de grève générale à la Primature
N°4587/CSAC/SGE/08

Objet : Préavis de grève

Monsieur Le Premier Ministre,

La Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSAC) enregistrée au Greffe des Syndicats, conformément à la législation camerounaise en matière des syndicats sous le N°CSAC/CE/1 le 02 Mars 2006 est une Centrale Syndicale forte de 50.000 membres dans les secteurs public, para public, privé, de l’économie informelle, des travailleurs ruraux et des peuples indigènes et tribaux.

La CSAC vient par la présente déposer un préavis de grève générale d’avertissement de (03) trois jours couvrant l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de tous les secteurs d’activités, les retraités et chercheurs d’emploi du Mardi 30 décembre 2008 au Mardi 6 janvier 2009 inclus.
La Confédération des Syndicats Autonomes appelle l’ensemble des travailleuses et des travailleurs à se mettre  en grève pour participer aux actions de mobilisation et de lutte :

pour l’ouverture des négociations sur tous les aspects concernant les conditions de travail, les salaires  dans toutes les entreprises publiques qui ont connu les baisses de salaire et dont les travailleuses et les travailleurs n’ont pas été pris en compte leur des dernières mesures prises par le Chef de l’Etat ;
 
contre la précarité galopante du travail (travail temporaire, saisonnier et sous-traitance) ;
 
pour la défense des services publics et contre les privatisations ;
 
contre la casse du droit du travail, les licenciements massifs des travailleuses et des travailleurs et particulièrement des délégués du personnel et représentants syndicaux ;
 
pour le paiement immédiat des droits des 506 travailleuses et travailleurs de la CAMTEL licenciés, mis en retraite anticipée et à la disposition de leur administration d’origine, qui sombrent dans la misère la plus totale et dont on ne  cesse de compter les morts  ;
 
pour le règlement sans délai du cas vieux d’environ vingt ans des ex employés des sociétés d’état liquidées ou restructurées (anciennes SOTUC, SCB, ZAPI DE L’EST, MIDEVIV, MIDENO, AMACAM, ONAPHARM, et autres) auxquels il a été promis dans une correspondance laconique du Ministre des Finances, un règlement dans les meilleurs délais et qui sont impatients de recevoir le reliquat de leurs droits ;
 
 
 
pour le respect de la législation camerounaise du travail et des conventions internationales ratifiées par le Cameroun sur la liberté syndicale et la négociation collective, particulièrement dans le cas des travailleuses et travailleurs de la SIAC BRASSERIE INSENBECK prise sous contrôle par la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) ;
 
pour la régularisation du statut de l’ensemble des travailleuses et  travailleurs temporaires de l’Etat et des Sociétés parapubliques privatisées dont l’ancienneté a largement dépassé les délais prévus par la législation camerounaise pour obtenir des contrats de travail à durée indéterminée ;
 
pour la révision à la baisse des prix des produits des hydrocarbures (le cours officiel du baril du pétrole en euro et dollar étant passé au 26 décembre 2008 à 19.40 à 36,93 dollars et à 26,2 euros) ;
 
pour un mouvement de solidarité avec toutes les travailleuses et les travailleurs des entreprises forestières et minières dont les conditions de travail intenables ne préoccupent pas les autorités publiques ;
 
pour la solidarité avec les dirigeants syndicaux continuellement menacés, harcelés et intimidés par certains dirigeants véreux des entreprises nationales et multinationales couvertes malheureusement par les autorités en charge de faire respecter les conventions internationales sur la liberté syndicale et le droit syndical ;
 
pour une convergence par le haut des pensions de retraite  (déplafonnement) ;
 
contre la dégradation des conditions de travail dans l’enseignement tant maternelle, primaire, secondaire que supérieur ;
 
pour la conclusion d’une convention collective dans le secteur de l’enseignement privé dont les travailleurs connaissent les pires formes de rémunération et des conditions de travail ;
 
contre la répression policière contre les syndicalistes et les dirigeants des associations d’étudiants et des organisations non gouvernementales ;
Monsieur Le Premier Ministre,

La Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun et l’ensemble des centrales syndicales membres de l’Union des Confédérations Syndicales du Cameroun n’ont eu de cesse d’attirer l’attention de votre Gouvernement sur la déplorable situation sociale que traversent les travailleuses et les travailleurs dans les entreprises et particulièrement le non respect des droits de ces derniers. Elle a également, porté à votre haute connaissance les permanentes violations des libertés syndicales dans ces entreprises.

Pour ce qui est du paiement des droits des ex-travailleuses et des ex-travailleurs des entreprises liquidées ou restructurées ainsi que ceux des 506 personnels de la CAMTEL sacrifiés à l’autel des privatisations, nous ne pouvons constater avec amertume que les promesses faites par votre Gouvernement n’ont pu être honorées et ces laisser pour compte et leurs familles, en plus d’avoir eu à ne pas remplir leurs obligations familiales de scolarisation de leurs enfants et de couverture des problèmes de santé ainsi que tous les autres besoins nécessaires à la survie ont une fois de plus passé les fêtes de fin d’année comme s’ils étaient des camerounais à part.

Notre patriotisme ne saurait être confondu à une démission des obligations que nous confèrent notre responsabilité de représentants des travailleuses et des travailleurs. Nous avons toujours cru que le dialogue et la concertation que vous avez toujours prônés et  que le Chef de l’Etat a toujours prescrit comme mode de gouvernement était  une réalité. Nous constatons malheureusement au fil du temps qu’il s’agit d’un dialogue de façade destiné à flouer ceux qui comme nous avait un seul instant cru à l’effectivité de la démarche.

Aussi, venons-nous très respectueusement par la présente vous informer de ce que passé le délai ci-dessus annoncé nous nous verrons dans la triste obligation de mobiliser l’ensemble des travailleuses et travailleurs sur l’étendue du territoire pour observer une grève générale d’avertissement de trois (03)  jours pour compter du Mercredi 7 Janvier 2009 si, entre temps, aucune solution acceptable n'est donnée à nos préoccupations légitimes ci-dessus énoncées.

Veuillez agréer, Monsieur Le Premier Ministre, l’expression de notre très haute considération.

                                                     Le Secrétaire Général Exécutif,


A l'occasion de l'année 2009 qui commence, et au nom de toutes les organisations affiliées, le Camarade Louis SOMBES, Secrétaire Général de la Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSAC) vous prie de bien vouloir accepter ses meilleurs vœux pour une nouvelle année remplie de succès et de paix. Que tous vos efforts pour la promotion de la paix sociale portent leurs fruits et fassent avancer le Cameroun au rang des pays prospères, démocratiques et respectueux des droits des travailleuses et des travailleurs.


Lundi 29 Décembre 2008 - 22:14
Louis SOMBES
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Publié dans SOCIETE

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