Cameroun: Les députés du grand nord ramènent Paul Biya sur terre

Publié le par Association camerounaise de cyberpresse

L’entrée en première année des premiers et second cycles de l’Ecole normale supérieure de l’Université de Maroua avait en effet été contestée par les députés ''nordistes'' voici quelques jours. Ces derniers projetaient une marche pacifique pour faire reculer le pouvoir. C'est donc visiblement pour calmer le jeu que Paul Biya a instruit Jacques Mfamé Ndongo, son ministre de l'enseignement supérieur, de rendre public une liste additionnelle au concours de l'ENS de Maroua avant la date annoncée par les députés qui plannifiaient la manif. Chose faite depuis jeudi matin.

D'après les premiers chiffres communiqués par les autorités et repris par le quotidien Le Messager, 25 182 dossiers de candidatures ont été examinés dont 4299 pour les originaires des trois régions septentrionales. Ces régions ont obtenu un taux de réussite de 36% au premier cycle, soit 472 places sur 1300 admis, et 30% au second cycle soit 288 admis sur 953. Le taux de réussite global est donc de 33% (760 sur 2253) pour le septentrion. Les 7 autres régions du pays se partagent les 66% des places restantes, soit une moyenne arithmétique de 9,4% par région. Mais les chiffres avancés par des députés du Grand-nord sont différents : 3907 candidats présentés, 555 admis, soit un taux de réussite de 14%.

Les forces vivent de l’Adamaoua, du Nord, et de l’Extrême-Nord reclamaient 50% des effectifs de l’Ecole normale supérieure, ''leur école''. Le jury a été reconvoqué dans l'urgence pour satisfaire l'ego des ressortissants du nord, une région qualifiée de vivier électoral pour le parti au pouvoir.

Pour compléter ce tableau de gestion publique à la camerounaise, la CRTV prive la population des programmes habituels pour satisfaire les revendications du septentrion. Les médias publics ont été requisitionnés jeudi aux fins de lire les 5.000 noms des futurs étudiants de l'Univertisité de Garoua. Plusieurs centaines de Amadou, Adamou, Bouba, Babou,Garba,... ont été ajoutés à l'effectif sans qu'aucun critère claire de sélection n'ait été indiqué.

Vraissemblablement, la marche programmée pour saborder l’ouverture du Festival national des arts et de la culture (Fenac) le 19 décembre a été évité de justesse.

Selon nos sources, la justice administrative a été sommée par le pouvoir de ne donner aucune suite favorable aux éventuelles requêtes en annulation de la décision du jury de concours. Requêtes que l'on imagine d'ores et déjà abondantes dans les tous prochains jours devant la chambre administratives de la cour suprême, unique juridiction administrative du cameroun, pays qui compte environ 20 millions d'habitants
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