Douala : Tué pour une bouteille de gaz
Hilaire Fongang a été abattu hier par une patrouille de la brigade gendarmerie de Bépanda.
Vers 4 heures du matin, les populations de Bonabo, au quartier Bépanda à Douala, sont réveillées par un coup de feu. "J'ai regardé mon téléphone portable, il était 5 heures moins le quart ", se rappelle Christophe, un habitant des environs. Lorsque le silence revient dans le quartier, les curieux découvrent le corps maculé de sang de Hilaire Fongang, 28 ans. " J'ai entendu le bruit d'un coup de feu, pourtant on voit bien la trace de deux balles sur son corps : l'une au milieu de la poitrine et l'autre au niveau du thorax ", signale un ami de la victime. A quel moment on lui a tiré la première balle ? S'interroge t-il. La réponse à cette question aurait pu être donnée à la brigade de gendarmerie de Bépanda, mais le commandant de ladite brigade s'est refusé à tout commentaire. Dans un ton qui n'admet pas la réplique, le commandant a tout de même signifié que Hilaire Fongang était " un malfrat, il a dérobé une bouteille de gaz aux alentours de l'université de Douala, mal lui en pris, mes patrouilles l'ont saisi".
Au lieu dit " Etoile d'or ", la famille Fongang semble ignorer l'origine de la mort de leur fils. " Il était environ 23 heures lorsque Hilaire a franchi le seuil de notre domicile. C'est ce matin -(hier 19 août-) qu'un ami de la famille nous a appris que son cadavre gît à Bonabo. Après leur enquête, les gendarmes nous ont permis d'amener son corps, sans nous expliquer les circonstances de sa mort ", confie Darly Fongang, la sœur aînée de l'infortuné. Un habitant explique le geste des gendarmes par le climat de tension qui règne dans le quartier. Une source rappelle en effet qu'il y a quelque temps un élément de la brigade de gendarmerie de Bépanda a été incriminé pour avoir libérer des présumés coupables de viol et vol. Ces malfrats auraient recouvré la liberté par l'entremise du major André Bougué, ce qui a provoqué le courroux des jeunes qui n'ont pas hésité à descendre dans la rue en guise de protestation. " Ils nous ont gardé dent, c'est pourquoi ils n'hésitent pas à semer la terreur au quartier ", pense un autre résidant. De spéculations qui, visiblement, ne perturbent pas les "frères " de la victime. Pour beaucoup dans le quartier, Hilaire n'était pas un enfant de cœur. Pourtant les larmes coulent encore sur les visages des membres de sa famille.