Le pouvoir et l'opposition du Zimbabwe ne réussissent pas à s'entendre sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale.
C'est ce qui ressort des discussions au sommet de l'Afrique australe à Johannesburg, où 14 États membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) sont réunis afin de dénouer la crise zimbabwéenne.
Le médiateur dans les pourparlers sur un partage du pouvoir au Zimbabwe, le président sud-africain Thabo Mbeki, réclame un règlement rapide de la crise qui perdure depuis mars dernier, au moment de la réélection du président sortant Robert Mugabe. Il était alors seul en lice, son rival Morgan Tsvangirai s'étant retiré de la course à la présidence en prétextant la violence faite contre ses partisans.
La formation du président Mugabe, le ZANU-PF, et celle de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) dirigé par M. Tsvangirai, ne sont pas d'accord sur la répartition des compétences au sein de l'exécutif d'un gouvernement d'unité nationale, de la durée de ce gouvernement de transition et de la nature des réformes constitutionnelles et électorales à engager.
Une faction dissidente du MDC, dirigée par Arthur Mutumbura et qui détient 10 sièges à l'Assemblée législative zimbabwéenne, s'est entendue avec Robert Mugabe mardi dernier. Mais M. Tsvangirai, dont le parti détient 100 sièges contre 99 à M. Mugabe, n'était pas d'accord avec leur vision d'un gouvernement d'union nationale.
M. Tsvangirai se refuse à accepter toute entente qui ne refléterait pas la « volonté du peuple » exprimée le 29 mars. « Il vaut mieux pas d'accord qu'un mauvais accord », a-t-il déclaré au quotidien américain The New York Times.