LES NOUVEAUX PRISONNIERS DU CAMEROUN
Pendant que le discours officiel ne reconnaît plus l'existence de ces damnés, certains acteurs soutiennent le contraire.Les prisons camerounaises accueillent de plus en plus d'importantes personnalités de la République. Les chefs d'accusation, la conduite des procès et même les premiers verdicts déjà rendus dans certaines affaires concernant ces anciens dignitaires du pays : ministres, directeurs généraux de sociétés d'Etat et autres hauts commis de l'Etat, et bien que les infractions pour lesquelles ils sont condamnés ressortissent du droit commun, des voix s'élèvent de plus en plus pour parler "d'épuration politique". Une posture qui bat en brèche le discours officiel qui ne reconnaît plus l'existence au Cameroun de détenus politiques.
Même si, a priori, la définition du détenu politique que donne Amnesty international ne devrait pas laisser prospérer le débat. Pour cette organisation internationale de défense des Droits de l'homme, " un prisonnier politique est une personne emprisonnée pour avoir défendu ses opinions politiques de quelque façon que ce soit. Cette personne n'est pas un criminel de droit commun, car elle défend des idées politiques ; mais elle peut recourir à l'usage de la violence ou à l'incitation à la violence pour atteindre ses buts