Le sous-préfet interdit une réunion publique du PSP

Ambiance inhabituelle dimanche 15 novembre 2009 au lieu dit hôtel Royale à Yaoundé. Alors que les militants et sympathisants du Parti socialiste populaire (Psp) s’apprêtaient à regagner l’une des salles de cet établissement hôtelier où était prévu le tout premier congrès national de cette formation politique, des agents de la police s’y est opposés. Raison invoquée : le sous-préfet de Yaoundé I leur a intimé l’ordre de le faire. « Ils disent que le Psp n’est pas un parti reconnu et que par conséquent l’organisation d’une telle manifestation peut gravement nuire à l’ordre public », explique André Teuabo, président du Psp aux journalistes présents. Abattus par la nouvelle, les congressistes se rapprochent des hommes en tenue pour tenter à leur tour de comprendre la situation. Mais, en vain. Ceux-ci sont intimidés dans leur action par des véhicules de la police et des camions anti-émeute qui font le guet dans le périmètre de l’hôtel. Les responsables des représentations diplomatiques invités et une dizaine de groupes de danses folkloriques sont obligés de rebrousser chemin. Ce n’est que quelques minutes plus tard que les congressistes vont se retirer, sous ordre d’André Teuabo qui attribuent cette descente de la police à de « l’intimidation pure et simple ».
Pour ce dernier, l’acte du sous-préfet est semblable à un abus de pouvoir parce que  « nous avons ici un récépissé en date du 04 novembre 2009 délivré par Pascal Mbozo’o Nnomengon, le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé Ier pour la tenue de ce congrès extraordinaire. Nous sommes surpris qu’aujourd’hui, la même personne qui nous a donné autorité vienne à dire que le parti n’est pas reconnu. Les lois sont faites pour être respectées mais je suis navré de constater que les autorités de ce pays s’en servent pour oppresser les autres», tranche le président du Psp en brandissant une copie du récépissé.

Malgré tous les désagréments que cette descente musclée de la police a pu causer sur l’organisation générale du congrès, les responsables du Psp le prennent avec beaucoup de maturité. « D’ici quelques jours, le bureau politique va se réunir pour décider des actions à venir du parti. Ce n’est qu’après cette concertation que les militants seront fixés », conclut André Teuabo. L’action du sous-préfet, selon certaines réactions recueillies auprès des membres du parti, vise à freiner les ardeurs du Psp.  En six mois d’existence, ce parti aurait déjà regroupé plus de 5 000 militants dans la région du Centre. Un « record » qui à en croire certains pourrait constituer un obstacle sérieux aux autres partis engagés dans la course aux prochaines élections présidentielles.

mise en ligne : Marilong MIDOUKA