Vendredi 13 novembre 2009

A tout Seigneur, tout honneur. L’an 30 du journal « Le Messager » vient s’imposer à une actualité déjà assez captivante. Comme pour la rendre plus riche et plus exaltante. Le tournoi de football inter média pensé à l’occasion de la célébration de cet événement qui s’annonce grand et particulier, vient en fait à point nommé.

30 ans d’existence, synonyme de 30 années de débat et … de combat dans la société camerounaise et dans toutes les composantes de celle-ci. Débat et combat sur tous les plans : du socio-politique au culturel en passant bien évidemment par le sport.

En sport, faut-il le dire, « Le Messager » ne fait pas non plus dans la dentelle. La doyenne des publications des journaux à capitaux privés aujourd’hui, a toujours consacré des pages entières pour informer, dans le style qui lui est propre, l’opinion  des exploits aussi bien que des contre-performances des athlètes ; autant qu’il n’hésite de dénoncer les travers managériaux et de gestion dont se rendent souvent  coupables ceux qui sont appelés à diriger notre sport. Ce style très particulier lui a souvent valu bien des inimitiés et fort heureusement aussi une foultitude d’admirateurs pour ne pas dire d’amis, parmi ceux (plutôt rares) qui pensent encore que le sport est l’école par excellence de la rectitude, où la tricherie n’a pas droit de cité. De nombreux actes de sympathie, voire  de reconnaissance pour le travail rendu au sport se sont manifestés depuis lors, dont l’invitation expresse en 2000 du président de la confédération africaine de football (Caf), à la phase finale de la coupe d’Afrique des nations.  « Pour tout ce qu’il fait pour le, sport et le football particulièrement, Le Messager par votre biais, est convié à la première coupe d’Afrique des nations qu’organisent concomitamment deux pays à savoir le Ghana et le Nigéria… » avait lancé Issa Hayatou à votre humble serviteur, auteur de cette chronique, alors chef du service des sports à votre journal. Joignant le geste à la parole, le président de la Caf, par ailleurs vive-président de la Fifa, allait libeller une invitation spéciale de la Caf au représentant du Messager qui allait ainsi assurer la pleine couverture de cette manifestation sportive, la plus grande du continent et bien plus, qui avait un caractère exceptionnel avéré cette année-là, parce que organisée par deux pays à la fois. Belle initiative qui pourrait se renouveler seulement en 2012 avec le Gabon et la Guinée Equatoriale…

Fort de ces acquis et fier plus que jamais de la vocation que lui avait assigné dès le départ (en 1979) Pius Njawé son fondateur, il eut été impensable et même injuste que les 30 ans du journal Le Messager se célèbrent sans une belle articulation sur le sport. Aussi, le tournoi de football inter médias qui s’ouvre aujourd’hui se pose-t-il comme un bon témoignage de la place que le sport préfère des Camerounais a, de tout temps, tenu dans « Le Messager », en même temps, qu’il est une occasion idoine pour les professionnels de la communication de…professer leur confraternité —pas toujours évidente— et dont la quête se veut permanente pour espérer un jour son effectivité.

Le trentenaire du Messager offre une belle opportunité aux journalistes de célébrer, à travers le tournoi inter média de football, les libertés sans lesquelles ils ne sauraient exercer en toute indépendance le métier ; une opportunité, comme il y en a rarement, d e rassembler, dans un même camp, l’immense univers des médias, ce d’autant plus qu’on ne comptera pas moins d’une cinquantaine d’hommes de presse ­—tous médias confondus—dimanche matin 15 novembre, au stade du Groupement mobil d’intervention (Gmi) à Bonanjo. Rassembler et promouvoir des valeurs d’éthique, il n’y a pas meilleur facteur que le football. On ne le sait que trop bien au Messager, raison pour laquelle…

Un événement pouvant en cacher un autre, l’attention des Camerounais va se partager entre les festivités marquant les 30 ans du Messager et le match que vont livrer demain samedi à Fès au Maroc, les Lions Indomptables contre les Lions d’Atlas. La rencontre, capitale de par son enjeu, va être déterminante pour l’avenir immédiat de l’équipe du Cameroun. Demain sera certainement le jour le plus long pour Samuel Eto’o et ses coéquipiers. Le suspense, à l’heure qu’il est, est à son comble. A 90 mn du mondial sud-africain, le Cameroun et le Gabon se tiennent encore en respect, dans une sorte de mano à mano irrésistible et qui prête à conséquence, la légère avance des Lions Indomptables sur les Panthères du Gabon ne pouvant s’entrevoir formellement comme la garantie d’une qualification. Conscients du terrible enjeu que revêt le match de demain, Paul Le Guen et ses poulains savent qu’ils n’ont qu’une seule alternative : gagner coûte que coûte le match de Fès. La furia qu’affichent les Lions Indomptables dans leur expédition marocaine va certainement se heurter contre un adversaire qui doit ruminer quelque colère vis-à-vis de son adversaire et ce pour au moins deux raisons : l’équipe du Maroc a à cœur de régler un contentieux vieux de près de 30 ans contre son adversaire du jour. On se rappelle que pour aller au mondial espagnol en 1982, c’est à Kénitra, au Maroc, que les Lions Indomptables étaient allés chercher leur qualification, au grand dam des Lions d’Atlas. Sept ans après, en 1988, le Cameroun allait gagner à Rabat (toujours au Maroc) sa 2e coupe d’Afrique  des nations après la première remportée en Côte d’Ivoire en 1984, devant un public marocain aussi bien émerveillé que médusé ; il faut croire que les Marocains n’ont pas oublié cette  gifle que leur avaient administrée des footballeurs camerounais particulièrement ambitieux et imbus de leur talent, primo ; secundo, à Rabat comme à Kénitra ou à Fès et dans tout le pays, on dit, à qui veut l’entendre, que les Lions d’Atlas n’ont plus que la Can pour sauver leur saison internationale ; traduction : la qualification pour l’Angola passerait impérativement par une victoire sur les Lions Indomptables.

L’on ne saurait qualifier ces propos des Marocains de simples allégations. Les Lions d’Atlas ne sont-ils pas venus tenir la dragée haute aux Lions Indomptables au stade Ahmadou Ahidjo au match aller ? Alors seule la fin du match viendra mettre un terme à toutes les supputations sur l’empoignade entre le Maroc et le Cameroun demain à Fès.
mis en ligne:NGATSI PATRICK NZOZANG
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Vendredi 13 novembre 2009


La sixième édition du championnat du monde junior et cadet de karaté a demarré hier à Rabat au Maroc. Six Camerounaises ont été retenues pour participer à cette compétition. A l’ouverture des combats, la délégation camerounaise était absente. Sur la raison de cette absence, le doigt accusateur est pointé sur le ministère des sports et de l’éducation physique. L’encadrement technique des six lionnes du Karaté estime que les athlètes sont suffisamment préparées et n’attendent que le signal du ministère pour le départ. A la Fédération camerounaise de karaté, on a perdu le sommeil, aucune suite n’est donnée par le ministère au dossier de départ des karatékas pour le Maroc. Les athlètes quant à elles piaffent d’impatience. Le mutisme observé par la direction des sports de haut niveau au ministère des sports et de l’éducation physique est surprenant quand on sait que le ministre Michel Zoah avait donné son ok pour la compétition. Si le Cameroun vient à être déclaré forfait par son absence, il court des sanctions et devrait payer des amendes à la Fédération internationale de karaté, organisatrice de l’événement qui se tient au complexe sportif prince Moulay Abdellah à Rabat au Maroc.
mis en ligne:NGATSI PATRICK NZOZANG
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Vendredi 13 novembre 2009
Statuant en matière des flagrants délits, le juge du Tpi de Douala-Ndokoti s’est penché mardi 10 novembre 2009 sur l’affaire opposant dame Koumeyou au jeune Florian Tchouta. La première accuse le second de ne lui avoir pas porté secours alors qu’elle était en danger. L’audience s’est déroulée en l’absence des deux parties devant la barre. Selon le procès-verbal de l’enquête préliminaire lu à l’audience par madame le procureur de la République, les faits se sont déroulés dans la nuit du 10 au 11 avril 2009. Le prévenu, moto taximan de profession, est abordé au lieu dit Tradex Axe lourd par la victime. Cette dernière souhaitait retourner à son domicile, situé à la zone de recasement de Ndogpassi III. Chemin faisant, et à quelques mètres de sa destination, dame Koumeyou se rend compte qu’une autre moto avec deux personnes à bord les suit avec insistance. Elle demande au prévenu d’accélérer pour les semer. Curieusement, il ralentit plutôt et ils sont rattrapés par leurs poursuivants qui arrachent le sac de la victime contenant la somme de 200 000Fcfa, deux téléphones de marque Samsung, des pièces officielles et des vêtements. Les cris de détresse de la victime alertent des éléments d’un comité de vigilance en faction dans le coin. Ces derniers se saisissent immédiatement du prévenu. Après l’avoir soumis à un interrogatoire et une fouille corporelle, on découvre qu’il était armé d’un couteau de table.

Après lecture du procès verbal, le juge a estimé qu’il y avait suffisamment d’éléments pour que le prévenu puisse présenter sa défense. Mais, du fait de son absence à l’audience, le tribunal a requis qu’il soit reconnu coupable d’omission de porter secours. Le juge a mis l’affaire en délibéré pour le 17 novembre 2009.
mis en ligne:NGATSI PATRICK NZOZANG
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Vendredi 13 novembre 2009

L’histoire retiendra à coup sûr, que le processus de rebaptisation de certains points et rues de la ville de Douala a connu une accélération particulière sous l’impulsion du préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï. Il donne le ton au cours de la visite de prise de contact dans l’arrondissement de Douala III quand il annonce que des lieux comme le «Carrefour J’ai raté ma vie» devront changer d’appellation et les mœurs légères qui y ont cours jetées aux orties. Motif, ces dénominations sont choquantes et affichent un caractère cru hostile à la moralité publique. Cette sortie du numéro 1 du département du Wouri qui fit grand bruit, était alors perçue comme un signal fort ayant précédé la fermeture à des heures raisonnables des débits de boisson, des points chauds où la luxure, la beuverie, les drogues et autres pires formes de déviances ont pignon sur rue. Mais c’était sans compter avec les habitudes des noceurs  qui avaient cristallisé un type de comportements difficiles à gommer d’un trait.

Dans l’optique d’apporter un cachet officiel à cette initiative, une commission, présidée par Fritz Ntonè Ntonè, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (Cud), chargée du chantier de dénomination des places et rues de Douala a été mise sur pied à l’effet d’implémenter les instructions du préfet du Wouri contenues dans les recommandations du Conseil de la communauté urbaine du 18 mai 2009. En gros, il s’agit de balayer des us les désignations de certains carrefours contraires aux bonnes mœurs. Cette tâche intègre les carrefours dits «Sans caleçon, Double balle à Bépanda, Trois morts à Deido, J’ai raté ma vie sur la nationale n°3 à Village, Trois voleurs à Bonapriso…» Pour cette commission qui s’est appuyée sur un organe technique dirigé par le professeur Ntone Kouo Martin, les appellations biscornues des lieux publics n’ont jamais fait l’objet d’une dénomination formelle mais constituent des repères populaires. C’est dans cette veine qu’après un laborieux travail de localisation de ces appellations insolites, des propositions concrètes ont été formulées.

Ainsi, la rue desservant le marché New Deido à partir du croisement avec le boulevard de la République au lieu dit «carrefour Trois morts» sera dénommée «Rue du marché New Deido». «J’ai raté ma vie » situé à Village sur le croisement avec la nationale n°3 sera désormais appelé « Place Nelson Mandela » du nom de l’ancien chef d’Etat sud-africain. «Trois voleurs »à Bonapriso a été baptisé «Place Diman Soppo Ekambi» du nom du commandant en chef des troupes de Bonapriso face aux forces allemandes en décembre 1884. Concernant le carrefour dit «Sans caleçon» situé à Bépanda, il a été constaté qu’il s’agit d’une enseigne d’un débit de boisson ayant emprunté son nom à une chanson populaire. C’est pourquoi, il a été suggéré au sous-préfet de Douala V d’instruire le propriétaire dudit bar d’enlever sa plaque et de changer le nom de son bar. Par ailleurs, le «monument Emmanuel Eboa Lotin» sera érigé à la sortie du rond point quatrième, en raison de sa riche et diverse œuvre de création artistique. Le carrefour dit «Feux rouges Bessengue» portera le label «Place Kondo Ebelle Eitel» du nom du prestigieux industriel et commerçant Deido des années 1920 à 1960. Le «Rond point Makepè/Missokè» se dénommera «Place Thomas Edimo Nloka» un enseignant émérite, par ailleurs grand conseiller à la Cud. La «Place des pêcheries» est dorénavant collée au rond point aménagé à l’entrée de l’échangeur de Youpwè à Douala 1er. Le carrefour central de Ndokoti revêt le manteau onomastique de «Place de Ndokoti».

Last but not least, le carrefour Madagascar à réaménager est baptisé «Place de Madagascar». A l’épreuve de l’observation, les appellations nouvellement greffées à certains points de la ville peinent à s’ancrer dans les mœurs, tout comme les déviances décriées, pourtant à l’origine même du chantier de la rebaptisation, ont la peau dure. A la Cud maintenant de matérialiser les nouvelles dénominations par  des panneaux bien visibles et lisibles et aux médias de faire le reste.

mis en ligne:NGATSI PATRICK NZOZANG

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Vendredi 13 novembre 2009


1. Carrefour «J’ai raté ma vie» : rebelote

Samedi 7 novembre 2009. Il est environ 23 heures lorsque la nuit a étendu son épais manteau noir sur la ville de Douala. Le «Carrefour J’ai raté ma vie» devenu «Place Nelson Mandela» situé à la sortie Est de la capitale économique, grouille de monde. Des «bends skineurs» alignés sur une bonne marge de la chaussée devisent quand ils ne hèlent pas les clients dans un tintamarre assourdissant qu’entretiennent les barrissements des klaxons, les ronflements des moteurs et autres sonorités torrides que crachent des disqueries. Les bars et autres bistrots  «Grand bateau», «Flotambo», «Espoir 2000», «Grand trésorier», «Jardin public», «Le Zénith» ne désemplissent pas. Devant ces coins de détente et de relaxation, s’affairent des jeunes gens derrière des barbecues. Les brochettes de bœuf, de porc, des morceaux de poulet, du poisson (bar et maquereaux) et autres crustacés sont passés sur le gril. La fumée qui dégage de cette activité ne décourage pas  cependant les tenanciers qui se jouent des coudes.

A l’intérieur des terrasses bondées, on sirote. On devise. On grignote. De temps en temps, on se trémousse au rythme des tubes de l’heure. Longue Longue avec son bouillant «kirikou est tout petit comme ça, mais il est fort…» ravi la vedette. L’extase est au rendez-vous. L’hilarité, au sommet. Dans cette ambiance proche d’un capharnaüm, des jeunes filles sanglées dans des tenues osées passent à l’abordage. Ici les «Dvd», entendez dos et ventre dehors, sont prisées. Devant les très célèbres Neptune bar et le Complexe Metro, dont les portes sont verrouillées, ces belles de nuit aguichent des mâles et leur proposent des services. «1000F, on va couper», «mon chéri, le plaisir à 2000F», «bébé, coup pressé à 1500F» serinent-elles lorsque vous arpentez un sombre couloir dit «Couloir de la mort» lequel débouche sur le sentier à ciel ouvert de la luxure, de la prostitution. Par endroit, on s’amourache sans coup férir. Même le regard d’autrui ne constitue aucunement une gêne face au combat pour la survie…

C’est que les mœurs n’ont pas bougé d’un iota au «Carrefour J’ai raté ma vie», même s’il a été rebaptisé «Place Nelson Mandela». Un nom de baptême encore peu connu des usagers et des populations. «Nous ne sommes pas au courant de la nouvelle appellation. Place Nelson Mandela, c’est pour le gouvernement, nous sommes à l’aise avec J’ai raté ma vie, parce qu’il s’agit d’un repère connu» affirme un taximan. Toutefois, pour nombre de personnes qui arrondissent leurs fins de semaines à travers diverses activités les unes, un tantinet légales et les autres, un coup immoral, dans ce point de la ville, cette nouvelle donne est assimilable à une hérésie. Tenez. «Cet endroit me permet de nourrir mes 2 enfants. Je crois qu’au lieu de J’ai raté ma vie ou place Nelson Mandela, on aurait pu dire Place de la vie» déclare une prostituée appelée dans cette arène de la débauche «attaquante». En tout cas, l’on a beau ergoter sur les appellations, il reste que «J’ai raté ma vie» ou «Place Nelson Mandela» est fidèle à ses usages. Alcoolisme, prostitution, brigandage et toutes les autres déviances y sont toujours d’actualité. Comme quoi, les habitudes ont la peau dure, malgré la campagne d’assainissement de la morale publique entreprise par le numéro 1 du département du Wouri.

2. Carrefour «Sans caleçon» : comme à l’accoutumée

Les habitués du bistrot «Sans caleçon» situé à Bépanda, dans l’arrondissement de Douala cinquième, ont sûrement remarqué que leur bar a changé d’appellation. C’est que sur une enseigne fixée au fronton de cette buvette le substantif «Caleçon» a été gommé. L’on y lit «Alimentation Sans».  Pour la petite histoire, les mentions collées à l’enseigne de ce bar qui a emprunté son nom à une chanson populaire de l’artiste camerounais Isidore Tamo, ont finalement été utilisées par les populations pour désigner tout un carrefour. Ainsi naît l’appellation «Carrefour Sans caleçon». Le sous-préfet de Douala Ve a instruit le tenancier de ce bar de changer cette enseigne. C’est sur ces entrefaites que la plaque indicative a subi un inélégant travail de gommage.

Les riverains des deux rues adjacentes conduisant vers la boulangerie de la paix où est implanté le désormais bar «Alimentation Sans» n’ont pas exclu de leur vocabulaire la défunte dénomination. Pour beaucoup le «Carrefour Sans caleçon» est un repère connu des usagers et par conséquent la nouvelle appellation pourrait plutôt déstabiliser pour ne pas dire désorienter. «Tout le monde sait que notre carrefour s’appelle carrefour Sans caleçon. Ce n’est pas sur un  coup de tête que cela va changer. Quand les gens prennent le taxi ou la moto pour ici, c’est le nom carrefour sans caleçon que l’on donne. Si cela change, les gens vont se perdre» affirme une habitante du coin.

En cette fin d’après du dimanche 8 novembre 2009, le bar «Alimentation Sans», situé au rez de chaussée d’un immeuble R+1 ne désemplit pas. Autour des tables, des disciples de Bacchus sont affalés devant des tonnelets de bière. Ils devisent sans discontinuer. Au menu des causeries, le commentaire passionné des actions chaudes d’un match du Calcio (championnat d’Italie) que diffuse en direct une chaîne de télévision. Au même moment, des sonorités torrides crépitent des gigantesques baffles encastrés sur un pan de mur.  Une maman, la cinquantaine dépassée, tenancière d’un restaurant de fortune qui jouxte l’entrée du bar, s’active à servir des clients qui aussitôt satisfaits se taillent une place sur une terrasse bondée. Plusieurs variétés de viande, de poissons et des légumes sont au menu. On se gave à bouche déployée. Des impatients n’hésitent pas à grommeler leur colère. Les plus exigeants tancent la tenancière appelée affectueusement «Mama». C’est dans ce décor que l’alcool coule à flot. Ainsi va la vie au Carrefour … «Sans caleçon» !

3. «Rond point 4e» : Eboa Lotin renaît

Ni les interminables pluies de ce mois de novembre, ni le ballet incessant des automobilistes avec leur cortège de jérémiades et le concerto de klaxon, n’émoussent en rien l’ardeur des ouvriers commis pour aménager l’espace résiduel du «Rond point quatrième» Cet espace situé en contrebas du commissariat de sécurité publique du quatrième arrondissement en face du marché Sandaga et à un jet de pierre du Rond point Deido ressemble à une ruche. Des maçons sous une pluie battante s’activent à élever un mur de soutènement. De grosses pierres sont regroupées à côté de plusieurs tas de sable que côtoie le béton que de jeunes manœuvres actionnent.

Selon les desiderata de la commission chargée du chantier de dénomination des places et rues dans la ville de Douala, c’est ici que sortira des terres, tel un champignon, un monument aux visages de feu Eboa Lotin, une icône de la musique camerounaise, un porte étendard d’un makossa léché et un artiste aux talents immenses. C’est qu’Eboa Lotin, dont la voix s’est éteinte il y a 12 ans, n’était pas uniquement un chanteur. Il était aussi un sculpteur au doigté hors pair; un poète dont la verve n’avait d’égal que sa volubilité; un ébéniste aux prouesses techniques insoupçonnables. En reconnaissance à l’ensemble de l’œuvre de cette grosse pointure de la culture camerounaise, il était temps qu’une statue aux traits d’Eboa Lotin soit érigée. Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Même à titre posthume!

mis en ligne:NGATSI PATRICK NZOZANG

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Vendredi 13 novembre 2009


Mieux vaut tard que jamais. Depuis des lustres, la presse camerounaise a fait ses choux
gras de l’appartenance affichée de Paul Biya à la Rose-Croix. Le petit peuple en a ri ou s’en est plaint, mais rien n’y a fait : le président était et restait rosicrucien. Son proche entourage aussi. Au point que tous les postes de décisions semblaient définitivement acquis aux fraters.

Ainsi, en 1994, notre confrère La Sentinelle dénombrait dans un gouvernement de 47 membres, 17 rosicruciens. A ces 17 ministres, il convenait d’ajouter le président Biya lui-même et Edzoa Titus, à l’époque secrétaire général  de la présidence de la République. Une présidence de la République où les rosicruciens étaient (et sont encore) légion : du chef d’Etat major particulier au président Biya, le colonel Benae Mpeke au colonel Ebogo Titus, le commandant de la Garde présidentielle, ou même le chef de bureau au courrier, on ne les compte plus, ces proches collaborateurs du chef de l’Etat membres de la Rose-Croix. Résultat : de nombreux Camerounais avaient fini par penser que le plus court chemin menant au gouvernement passait par une loge rosicrucienne !

Ainsi allaient les choses jusqu’à ces derniers mois, lorsque certains prélats camerounais, las de voir le pouvoir politique se compromettre (pour Rome, l’appartenance à l’Eglise catholique à la Rose-Croix), font parvenir un message au président Biya : il faut « désectariser » l’Etat. Dans le même temps, la rumeur d’une candidature de Victor Ayissi Mvodo, un chrétien à la limite de la bigoterie, à l’élection présidentielle, se met à enfler. Et la rumeur encore, mais pas seulement elle, laisse entendre que cette candidature dissidente, l’Eglise catholique pourrait la soutenir.

La neutralité de l’Eglise au prix fort

Or la candidature d’Ayissi Mvodo est déjà en soi une belle épine dans le pied de Paul Biya en tant qu’elle est de nature à jeter le trouble dans « son électorat automatique ». Si en plus, elle bénéficie du soutien de toute ou partie de la puissante Eglise catholique !…

Il n’en faut donc pas plus pour que Paul Biya accepte de donner les  gages. Le 19 septembre, à la suite d’un changement de gouvernement injustement désigné « réaménagement gouvernemental », Edzoa Titus, le secrétaire général de la présidence de la République, mais surtout rosicrucien, celui-là même qui, à la veille de l’élection présidentielle de 1992 a obtenu que le président du Circes (une officine rosicrucienne) et, surtout l’impérator de la Rose-croix, Christian Bernard se rendent à Etoudi, Edzoa Titus donc est viré de son poste stratégique de secrétaire général de la présidence de la République pour hériter du strapontin ministériel de la Santé publique. Il est vrai, Edzoa Titus, les mois précédant son départ, avait « fait tout et n’importe quoi » ; mais tout de même …Est-ce alors le début de la fin ? Pour cet important ministre dont le parti est membre de la coalition gouvernemental, cela  ne fait aucun doute : « Edzoa  est sur une pente glissante ; son départ du secrétariat général de la présidence de la République est moins dû aux « affaires » au centre desquelles il s’est trouvé ces derniers mois qu’à son appartenance affichée à la Rose-Croix : c’est le prix que doit payer le président pour que l’Eglise catholique observe une stricte neutralité dans les batailles politiques à venir. D’ailleurs il pourrait quitter le gouvernement bientôt… ».

De fait, ce prix ne semble pas avoir été à la hauteur des attentes de l’Eglise. Celle-ci a-t-elle exprimé son insatisfaction du « sacrifice » présidentiel ? Probablement. Depuis, la presse n’a cessé de faire état du départ imminent d’autres rosicruciens de la présidence. Ainsi en est-il des colonels Ebogo Titus et Benae Mpeke.  L’on aura d’ailleurs remarqué l’absence de ce dernier dans la suite du président de la République lors de son récent voyage aux Etats-Unis et en Europe. Ce que l’on sait peu, c’est la présence à Yaoundé avant ce voyage  d’un chargé des missions spéciales du pape polonais envoyé par le Vatican « pour rappeler au président Biya les termes de son entretien  avec le Pape Jean-Paul II, l’année dernière au cours de la visite pastorale du souverain pontife au Cameroun ». Que se sont donc dits Paul Biya et Jean Paul II ? boule de gomme.

Toujours est-il que depuis le passage de cet émissaire papal, le président Biya dont la ferveur, il est vrai, rosicrucienne s’est quelque peu émoussée depuis le décès de son « maître », Jo Dayas, fondateur de l’école des sciences appliquées (Esao), à Douala peut-être la « cola magique » adoptée en 1991 et tant moquée par la presse suffisait-elle à son bonheur ? – a décidé de rompre définitivement avec l’Ordre Rosicrucien Amorc. Ce qui est un prix à la dimension de la déclaration de candidature, enfin officielle, de Victor Ayissi Mvodo dont on continue à dire qu’une partie de la hiérarchie catholique lui reste acquise. Vrai ou faux, le sort en est désormais jeté. Mais les Camerounais peuvent être certains que Paul Biya, pour s’assurer, à défaut de son soutien, la « neutralité » de l’Eglise catholique (ou d’ailleurs celle de tout autre groupe) est prêt à en payer le prix fort. Quitte à reprendre d’une main, ce qu’il aura donné de l’autre.

mis en ligne: NGATSI PATRICK NZOZANG

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Vendredi 13 novembre 2009


L’essentiel de notre propos de vendredi 6 novembre portait sur les comportements belliqueux et agressifs de nos policiers, gendarmes et militaires qui se comportent vis-à-vis  de leurs autres compatriotes comme des forces d’occupation, molestant les uns par-ci, tuant les autres par-là, entretenant des braqueurs, donnant en location les armes de service pour des fins criminelles.

Comme le hasard fait souvent bien les choses, dès lundi, le ministre délégué à la présidence de la République, en charge de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, a entrepris par Edéa une revue des garnisons de la deuxième région militaire. C’est d’ailleurs aujourd’hui que cette tournée du ministre prend fin à Bamenda. Une visite qui lui permet d’entrer en contact direct avec les troupes, d’apprécier le moral des hommes et des femmes et de leur matériel de travail. Ce qui pourrait de prime à bord, apparaître comme une visite ordinaire de tout ministre promu à la tête  d’un département ministériel.

Compte tenu du rôle important — ce n’est pas un euphémisme — de l’armée dans une nation et des dérapages dont les soldats sont de plus en plus des instigateurs, la tournée de M. Mebe Ngo’o prend une autre tournure. Et à Edéa, première étape de son périple, il a frappé du poing sur la table. « Il faut éviter qu’une minorité ternisse l’image de tout un corps. Nous allons donc punir dans le but de récupérer ceux qui peuvent encore l’être. Les irréductibles seront mis hors des rangs » avertit M. Alain-Edgar Mebe Ngo’o. Un avertissement qui tonne comme un coup  de semonce non seulement en direction des éléments de la base anti-aérienne sol-air, mais vers l’ensemble des forces de défense.

Edgar Alain Mebe Ngo’o est un homme de parole et un homme d’honneur. Il l’a démontré à la délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn). De nombreux policiers (tous grades confondus) pris en flagrant délit de tout ce qui déshonore le corps ont été suspendus dans un premier temps, puis radiés du corps, si la ou les fautes les y exposent. Les militaires n’ont qu’à bien se tenir désormais.

C’est vrai que les mauvaises habitudes prennent très profondément racine. Sinon des policiers qui ont vu passer Mebe Ngo’o ne s’exposeraient pas à la herse de Emmanuel Edou, à la tête de la police depuis cinq mois et qui continue le nettoyage commencé par son prédécesseur. Quatre policiers : deux inspecteurs, un officier et un gardien de la paix ont écopé d’une suspension pour des fautes professionnelles dont « l’extorsion des fonds, indélicatesse et compromission avérées, mauvaise manière habituelle de servir, ivresse manifeste, désordre et scandale en uniforme, retrait indu et rétention abusive de documents officiels ». Des exercices, et d’autres dont nombreux  de nos flics sont orfèvres. Si seulement le Dgsn pouvait traquer seulement une petite partie des policiers auteurs de ces forfaits, il dépeuplerait les rangs. Car il y a plus de mauvais grains dans la police que du froment. Pour des raisons que nous avons évoquées vendredi dernier.

mis en ligne: NGATSI PATRICK NZOZANG

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Le Cameroun face à un «ennemi


Le ministre camerounais de la Défense Rémy Ze Meka estime que son pays mène un «conflit de type nouveau avec un ennemi invisible» dans la péninsule de Bakassi, une région frontalière du Nigéria où un sous préfet et 5 soldats ont été assassinés en juin, rapporte lundi le journal Cameroon Tribune.

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